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Afrique: la sécurité sociale joue un rôle essentiel dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développementLes retombées économiques et sociales positives de la sécurité sociale sont de plus en plus reconnues
En Afrique, un nombre croissant d’expériences réussies témoignent de la contribution positive de la sécurité sociale au développement. Bon nombre de pays considèrent que la sécurité sociale constitue, avec l’extension de la couverture effective et une offre de prestations répondant aux besoins de la population, un instrument de nature à contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière de recul de la pauvreté, de réduction des inégalités entre les sexes et de santé.
Dans un récent rapport (1), le Bureau international du Travail (BIT) déclarait que «l’universalisation des pensions de vieillesse et des prestations familiales en faveur des enfants scolarisés et des orphelins permettrait de faire reculer la pauvreté de 40 pour cent» en Afrique. En outre, ces transferts monétaires donnent la possibilité d’accroître le revenu disponible et de soutenir ainsi la croissance économique locale.
Ce constat confirme que la sécurité sociale n’agit pas seulement de façon réactive face aux besoins, mais constitue aussi un mécanisme proactif au service du développement économique et social. La couverture de la sécurité sociale a connu une amélioration spectaculaire dans certains pays Dans bon nombre de pays, le défi consiste à trouver des solutions pour instaurer un système de sécurité sociale dans un contexte où les ressources sont limitées et les infrastructures insuffisamment développées. Au Mozambique, où plus de 50 pour cent de la population âgée vit dans la pauvreté, l’amélioration de la couverture de la sécurité sociale est désormais une priorité, comme en témoigne l’adoption, en 2010, d’un plan quinquennal baptisé Stratégie nationale pour une sécurité sociale de base. Certains programmes ont vu leur nombre de bénéficiaires doubler en moins de cinq ans et les femmes représentent désormais les deux tiers de l'ensemble des bénéficiaires. L'expérience du Mozambique, où les prestations apportent un réel changement dans la vie des bénéficiaires, montre qu’il est possible d'édifier un système de protection sociale efficace pour peu que des dispositifs opérationnels et administratifs efficients soient en place. D'autres exemples récents d’extension de la couverture peuvent être cités: - Au Malawi, le Parlement a approuvé en mars 2011 la création d’un régime de pension universel qui couvrira tous les salariés et sera financé par des cotisations patronales et salariales. Ce régime devrait permettre un recul de la pauvreté parmi les retraités. - En Afrique du Sud, le nombre de bénéficiaires de prestations pour enfants a augmenté de 4 millions entre 2000 et 2010, ce qui renforce le système éducatif du pays et contribue à la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté parmi les enfants. - Au Nigéria, un nouveau régime universel d'indemnisation des accidents du travail a été créé par une loi promulguée en décembre 2010. Ce régime, qui couvre tous les salariés des secteurs public et privé (ainsi que leurs survivants), verse un revenu de remplacement en cas d’accident ou d’invalidité (ou de décès) et propose des services de réadaptation et de conseil après un accident. Dans les pays où les systèmes de santé ont été institutionnalisés et où la couverture s’est améliorée, le montant des dépenses de santé directement assumées par les patients, qui représentent une charge particulièrement lourde pour les populations pauvres et vulnérables, a sensiblement diminué. En plus de faire obstacle à l'accès aux soins, ces paiements directs conduisent les patients à différer les soins, ce qui peut se traduire par une aggravation de leurs problèmes de santé et par une augmentation du coût du traitement. Institutionnaliser la couverture à travers un système de sécurité sociale a permis une forte diminution des paiements directs, une amélioration des résultats sanitaires et un renforcement de la capacité de fonctionnement de l’économie. Par exemple, au Ghana, le régime national d’assurance maladie couvre les deux tiers de la population et les paiements directs ont diminué d'environ 50 pour cent. L'extension de la couverture est une démarche rentable, qui renforce la capacité productive de l’économie L’OIT estime que, dans beaucoup de pays africains, l’extension du régime de pension et des prestations pour enfants pour parvenir à une couverture universelle ne coûterait pas plus de 3,5 pour cent du PIB. De fait, le coût net de l'extension pourrait même être nettement plus faible. Ainsi, plusieurs études ont montré que la création de la sécurité sociale ou l'extension de sa couverture avait eu des effets positifs pour l'économie. Dans une enquête sur l’effet des transferts sociaux dans 30 pays, l’OIT a constaté que 40 études faisaient un lien direct entre l’introduction de régimes ou leur extension et l’augmentation de l’activité entrepreneuriale qui s’en est suivie.
L'avenir Il reste toutefois des progrès à accomplir. Dans un échantillon de 25 pays africains étudiés par l’OIT, moins de 20 pour cent de la population âgée perçoit une pension. Il n’en reste pas moins que beaucoup de pays d’Afrique mettent actuellement en place des dispositifs innovants pour étendre la couverture effective et garantir la viabilité de la sécurité sociale. En outre, l’expérience récente montre qu’une utilisation cohérente de différentes sources de financement permet d’étendre rapidement les mécanismes de couverture. Par ailleurs, la Déclaration de Yaoundé (voir encadré) définit une feuille de route pour la mise en place d’un socle de protection sociale – c’est-à-dire d’un niveau minimum de protection sociale – en Afrique.
Les diverses améliorations de la couverture sociale récemment observées en Afrique ont en commun de reposer sur la mise en place d’une structure opérationnelle et de gestion efficace. L’AISS en est consciente et a fait de l’extension de la couverture l’une de ses quatre priorités thématiques pour le triennat 2011-2013, avec l’amélioration de l’adéquation et de la qualité des prestations, le renforcement de l’efficience et de l’efficacité opérationnelle et administrative et la promotion d’approches proactives et préventives en matière de sécurité sociale. Le projet de l’AISS sur la promotion de l’extension de la couverture prévoit la publication d’un manuel sur les stratégies d’extension contenant des exemples de bonnes pratiques, ainsi qu’un module de formation à l’intention des institutions membres. (1) Voir BIT, 2011: Success Africa III. Realising a New Era of Social Justice through Decent Work: Success Stories from Africa. Geneva, International Labour Office. <http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---africa/---ro-addis_ababa/documents/genericdocument/wcms_166733.pdf> (consulté le 14.12.2011).
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Décembre 2011
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